Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 20:46
J'ai assisté avec beaucoup d'émotion aux obsèques de Philippe Séguin.

Il aurait aimé, je crois, la chaleur de l'éloge du Président de la République.



PRÉSIDENCE

DE LA

RÉPUBLIQUE

______

 

 

ÉLOGE FUNÈBRE PRONONCÉE PAR  M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Obsèques de Philippe SÉGUIN

Cour d’honneur des Invalides – Paris - Lundi 11 janvier 2010

 

Philippe,

 

Jamais, jamais je n’aurais imaginé que tu mourrais à 66 ans et que j’aurais à prononcer ton éloge funèbre.

 

Quand on t’interrogeait sur la mort tu disais : « elle arrivera à un moment où la lassitude et le besoin de repos l’emporteront. J’aimerais mourir dans mon lit, entouré des miens, par un temps ensoleillé. Surtout pas d’obscurité… »

 

La mort t’a pris par surprise, dans ton lit, un matin d’hiver. Il neigeait…

 

Au moment où la nouvelle s’est répandue il s’est passé au fond quelque chose d’étrange. Il y a eu comme un grand vide. Ce fut comme si chaque Français découvrait brusquement à quel point ta présence lui était devenue familière.

 

Figure-toi, Philippe, que nous nous étions habitués à ta voix, à tes éclats de rire, à tes colères, à ton regard, à ton sourire. Et sans que nous nous en soyons rendu compte, ils avaient fini par faire partie de notre vie.

 

Avec ta disparition, la France ne perd pas seulement un homme politique, député pendant 24 ans, maire durant 14 ans, ministre des Affaires sociales, président de l’Assemblée nationale, chef de parti. Tu en as occupé tous les postes et toutes les fonctions. Mais pour autant, cher Philippe, t’es-tu vraiment senti un homme politique ? L’as-tu jamais été ? Tout dépend de la définition que l’on en donne. Car en entrant en politique, tu n’avais pas choisi un métier. Tu avais cherché à donner un sens à ta vie.

 

Ta vie, tu n’as cessé d’en remonter le cours. Et jusqu’à la fin, au fond de toi, tu resteras cet enfant, cet enfant qui, un 11 novembre, reçut sur la place de la Résidence à Tunis la médaille militaire de son père.

 

A sept ans, ta mère te remit un cahier dans lequel elle avait rassemblé les souvenirs de ce père, mort à 23 ans pendant la guerre, à l’entrée d’un petit village du Doubs. Toute ta vie, ton père sera ton héros. A l’école, quand on te demandait la profession de ton père, tu écrivais « mort pour la France ».

 

Sur la dernière page de son cahier, ta mère avait écrit :

« Voilà mon fils la fin de ton papa. Sois à son exemple brave, courageux, bon, honnête.

Je te laisse ses notes et toutes nos lettres. Voilà ton héritage. »

 

Jusqu’à la fin, tu resteras cet enfant qu’une mère, veuve à vingt-trois ans, a voulu élever seule, auquel elle a décidé de donner tout son amour, auquel elle a inculqué, jour après jour, des leçons de dignité et de courage.

 

Elle faisait partie de ces mères qui dans l’épreuve, face aux fins de mois difficiles, apprennent à leurs enfants de ne rien accepter qu’ils ne puissent pas rendre.

 

Tu resteras cet enfant, cet enfant meurtri qui, à douze ans, fut obligé de quitter la terre qui l’avait vu naître, où il avait grandi. « Etranger sur sa terre natale et intrus dans son propre pays. Doublement importun. » Tu t’en rappelleras toujours.

 

A cet enfant, la vie a appris que ceux qui n’ont rien sont ceux qui peuvent le moins transiger sur leur honneur.

« Devoir d’orgueil », diras-tu si souvent.

 

La soixantaine passée, tu confieras, toi qui étais si pudique : « On m’a souvent dit atypique : c’était bien une manière de me signifier que je n’avais pas une place évidente, dans un pays où je n’étais pas né, dans une noblesse administrative dont je n’avais pas les titres, dans une vie politique dont je récusais les règles. Alors je me suis raidi dans ma manière d’assumer mes origines, mes responsabilités et mes convictions ».

Devoir d’orgueil.

Devoir de fidélité à l’enfant que tu avais été.

 

Ton père n’avait pas été décoré de la Légion d’honneur. Alors tu la refusas, parce qu’à tes yeux les services que tu avais pu rendre n’étaient pas à la hauteur de ceux que ton père avaient rendus.

Devoir d’orgueil, devoir de fidélité.

 

Tu feras l’ENA par vocation. Toi qui, ta vie durant, ne cesseras de pourfendre le conformisme intellectuel, les idées toutes faites, la primauté de la politique, tu garderas de cette école un bon souvenir.

 

Tu as aimé la France. Tu as aimé la France avec passion.

Si tu l’as tant aimée c’est parce qu’elle était à tes yeux le seul bien de ceux qui n’ont rien. Tu la voulais grande, ouverte, généreuse, exemplaire. Tout ce qui la diminuait ou qui la déshonorait t’était insupportable.

 

Si tu as été aussi attaché à la République, c’est parce que rien n’était plus important pour toi que de donner à ceux qui n’ont rien la chance de devenir quelqu’un. Et à toi, à toi Philippe, le gosse de Tunis, le pupille de la Nation, le « Petit chose » comme tu disais parfois, la République avait donné sa chance.

 

Si tu te dévouas autant au service de l’État, c’est parce qu’il était pour toi l’instrument de la justice, la protection des plus faibles, le garant de cette unité française que tu sentais si fragile, le rempart contre ce retour des féodalités locales que tu craignais toujours. Mais cet État tu le voulais impartial, au-dessus des partis, des factions, des clans, des intérêts.

 

L’État, la Nation, la République, ce fut le cœur de ton engagement. Ces mots, tu ne les as pas seulement réhabilités. Tu les as incarnés. Tu leur as donné ton visage, ta voix. Dans la façon dont tu les prononçais, il y avait une sincérité émouvante qui leur donnait une force particulière. Vouloir toujours être fidèle à toi-même, ne pas transiger c’était ta manière de faire de la politique.

 

Tu as toujours préféré t’en aller plutôt que d’avoir le sentiment de te renier.

 

Toi, si redoutable en campagne, tu haïssais le sectarisme. Tu avais choisi le Gaullisme parce que le Général de Gaulle mettait l’État, la Nation et la République au-dessus de la droite et au-dessus de la gauche.

 

De toutes les fonctions que tu as occupées, celles que tu aimas le plus, ce furent celles qui exigeaient de se placer au-dessus des partis. Tu ne fus jamais plus heureux que comme Maire d’Épinal et comme Président de l’Assemblée Nationale.

 

Aussitôt élu à la présidence de ton parti, tu renonceras à ton mandat municipal, les deux engagements te paraissant incompatibles.

 

Et quand tu seras élu à la présidence de l’Assemblée nationale, tu déclareras :

« Nul ne sera écrasé par personne. J’en donne l’assurance formelle ».

Tu tiendras parole.

 

Premier Président de la Cour des Comptes, tu avais encore mis tes exceptionnelles qualités au service de l’État en donnant à cette institution une aura sans précédent et en engageant une réforme qui bousculait bien des habitudes.

 

Toi qui puisais tant dans l’Histoire pour nourrir ta pensée, tu n’étais pas un homme du passé mais un homme du présent et du futur. Il t’arrivait parfois d’être mélancolique, jamais nostalgique.

 

Pas une fonction que tu n’exerças sans vouloir tout changer.

 

Tu savais que tout ce à quoi tu croyais disparaîtrait si l’immobilisme triomphait.

 

Tu aimais passionnément la politique et si tu as si souvent démissionné, tu ne l’as jamais vraiment quittée. Tu la jugeais sévèrement mais tu pensais qu’elle était plus que jamais nécessaire si nous voulions rester des femmes et des hommes libres.

 

Tu aimais passionnément le sport et tu prenais grand soin de ne jamais en faire.

 

Tu aimais le cinéma. Tu aimais les livres. Mais la politique dévorait tout ton temps. Parce que tu la prenais au sérieux. Tu étais exigeant. Tu te souciais du moindre détail. Tu ne supportais ni l’improvisation ni l’approximation.

 

Tu aimais les gens. Tu les aimais à ta façon mais tu les aimais parce que profondément tu les respectais.

 

Au fond, Philippe, tu as été heureux. Tu as eu la vie que tu t’étais choisie. Tu avais une famille que tu aimais et qui t’aimait…

 

Alors, qui saura jamais pourquoi toi qui aimais tant la vie tu étais parfois si triste ? Qui connaîtra jamais toutes les peines secrètes que tu portais en toi et qui de temps en temps assombrissaient ton visage ?

 

Meurtri, blessé, tu l’as souvent été. Tu t’en es consolé en te mettant au service des autres, en prenant fait et cause pour les plus modestes. Ceux-là, quand tu es mort, ont bien senti que tu les avais aimés.

 

De toi il ne restera ni une théorie, ni une doctrine. Il restera le souvenir d’une vie, d’une vie dans laquelle beaucoup de Français peuvent se reconnaitre parce qu’elle exprime mieux que tout au monde ce qu’est notre pays au plus profond de lui-même.

 


Alors aujourd’hui, dans cette cour des Invalides, dans ce cadre solennel où tu aimais tant ressentir la grandeur de la France, je veux te rendre l’hommage solennel de la Nation que tu as servie avec tant de noblesse et tant de dévouement. Et puis, mon cher Philippe, tu iras dormir, dormir paisiblement au bord de ta chère Méditerranée, sous le ciel bleu et le soleil. Surtout pas d’obscurité.

 

A ta femme Béatrice, à tes enfants, Patrick, Catherine, Pierre et Anne-Laure, à tes petits enfants qui te pleurent, je veux dire la peine et la tristesse de tous ceux qui t’ont aimé.

 

Leur douleur est la nôtre.

 

Qu’il me soit permis de leur dire mon amitié.

Tu vas nous manquer.

Tu manqueras à chacun d’entre-nous.

 

Mais le petit enfant meurtri de Tunis continuera longtemps encore à parler à chacun de nous de son père héroïque, de sa mère institutrice, de son devoir d’orgueil, de la France, de la République, et de ce que nous leur devons.

 

Alors laisse- moi te dire, Philippe, une dernière fois, devant ton cercueil recouvert, comme jadis celui de ton père, du drapeau tricolore, ces mots que tu aimais tant, ces mots qui avaient pour toi un sens si profond que tu n’arrivais pas à les prononcer sans être ému. Oui, mon cher Philippe :

 

Vive la France.

Et vive la République.

Par Francois PINTE
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /2010 16:30

 

Après l’émotion du départ d’un homme qui a modifié, je n’ai pas peur des mots, le destin de ma vie, remontent à ma mémoire beaucoup  de petits souvenirs, d’anecdotes, de phrases qui ont fait la richesse de mon quotidien durant les 6 années passées dans l’ombre de ce grand Monsieur.

 

Henri Guaino et Nicolas Baverez, ses deux principales plumes, ont parlé avec beaucoup de justesse de l’homme, évoquant le symbole de méritocratie qu’il représentait, son sentiment d’être en permanence le mal aimé, ou d’être injustement traité, en particulier après la victoire de 1995. Porteur du discours de la fracture sociale, il aurait dû en toute logique être nommé à Matignon.

Je me souviens que pour tenter de lui faire passer la pilule Chirac lui proposa alors la Mairie de Paris, que se disputaient alors, en interne, Toubon et Tibéri. Séguin faillit se laisser tenter mais avait peur que son image soit associée aux affaires, ou pire, qu’il soit obligé de les couvrir.

Un matin, après avoir vu plusieurs fois Chirac dans son bureau de l’Hôtel de Ville, il me tendit un papier à mettre en forme. C’était un texte annonçant qu’il se représentait à Epinal intitulé « Epinal toujours ». Ce texte manuscrit réaffirmant sa passion pour cette ville, était écrit sur du papier « Le Maire de Paris » que sans doute Chirac lui avait donné pour le tenter un peu plus…

Il sera réélu à Epinal dès le premier tour et laissera avec ou sans regret, qui peut dire à ce moment là, la Mairie de Paris à Jean Tibéri. L’histoire ne repasse jamais deux fois les mêmes plats, dit-on…

 

En 2001 alors que j’étais depuis 3 ans directeur de cabinet de François Fillon à la Région des Pays de la Loire, Philippe Séguin m’appela pour me demander de venir l’aider 3, 4 mois dans sa campagne parisienne. Après réflexion et malgré l’aval de François Fillon,  j’ai décliné la proposition. Sans doute parce que j’avais compris avant lui qu’il  n’avait rien à faire dans cette galère où les querelles d’hommes prendraient le dessus sur le débat des idées. Cela me semblait en outre voué à l’échec puisque Tiberi restait candidat avec l’appui implicite de Chirac. Il n’empêche que ce premier et dernier « non » m’a beaucoup pesé et me laisse encore aujourd’hui quelques remords bien naturels lorsque je mesure tout ce qu’il m’avait  permis de vivre.


 

Mes débuts à ses cotés

 

Après la fascinante campagne de Maastricht, Philippe Séguin me propose de devenir son assistant parlementaire. Six mois plus tard, il est élu Président de l’Assemblée Nationale. Je deviens, à 26 ans, chargé de mission à la Présidence de l’Assemblée Nationale.

Je suis dans sa bouche «le petit», l’homme de toutes les besognes, l’homme à qui l’on confie toutes les missions de confiance, l’homme que l’on envoie 2 mois à Epinal encadrer  la campagne des législatives et des municipales. L’homme qui recolle les morceaux avec des parlementaires où les ministres que l’on a maltraités, l’homme qui est de tous les déplacements en France, comme à l’étranger, dans le cadre de la diplomatie parlementaire.

 

Philippe Séguin aimait  la perfection dans l’organisation. Il voulait être toujours à l’heure parce qu’il ne supportait pas les gens en retard. Il  lui est même arrivé de me faire refouler un ministre qui avait 15 minutes de retard!

Cette situation m’amena à prévoir large pour ses propres déplacements, si bien qu’il m est parfois arrivé de patienter à ses cotés de longues minutes dans sa voiture embrumée de la fumée de ses gitanes, au coin d’une rue, en attendant l’heure exacte d’un rendez-vous.

Il ne me fit jamais de reproche dans ce sens. Juste  peut être une fois où lui rappelant ses exigences il me fit cette magnifique réplique: « ne me mettez pas en face de mes contradictions ! »

J’ai traversé et retraversé 100 fois notre beau pays à ses cotés à l’occasion de toutes les campagnes nationales: réparé avec du scotch des micros qui ne tenaient pas, rafistolé des bouts de discours qui ne venaient pas, fait comprendre à des élus qu’ils ne parleraient finalement pas avant lui faute de temps, ou qu’il fallait changer de salle au dernier moment parce que mieux vaut une petite salle bien remplie qu’une grande salle à moitié vide.

Tout le monde finissait par me craindre ou me plaindre. Moi je m’adaptais plutôt bien à ce personnage hors du commun. Ma récompense venait le soir en écoutant sans lassitude ce tribun exceptionnel parler de la France, de ses souffrances et de ses espérances. Je savais depuis le début que je travaillais pour un homme qui était dans l’histoire.

Le soir, dans l’avion qui nous ramenait au Bourget, nous jouions souvent avec lui, Roger Karoutchi, son chef de cabinet, et Manuela Isnard, son attachée de presse, à la belote.

C’était l’heure de la détente et des confidences. L’homme se livrait un peu à nous et nous devenions l’espace de quelques heures  sa seconde famille.

Le lendemain, les compteurs étaient toujours remis à zéro. Les réveils étaient parfois brutaux !

 

 

Diplomatie parlementaire :

 

J’ai en mémoire  une  tournée au Moyen Orient qu’il entreprit en 1996 et qui devait successivement nous3PhS-et-YA-copie-1.png conduire en Syrie, en Jordanie, en Israël, à Gaza, en Égypte et au Liban. Ce périple était, pour le jeune collaborateur que j’étais alors, une succession de rencontres incroyables dans des cadres prestigieux ou symboliques. Si je ne participai pas à la rencontre avec Hafez El-Hassad, qui avait pour tradition de faire patienter ses invités entre 1 et 4 heures,  en revanche je pus participer à la rencontre avec le roi Hussein de Jordanie déjà très malade, avec Shimon Pérès, avec  Rafiq Hariri et enfin et peut-être surtout avec Yasser Arafat à Gaza qui nous reçut à dîner autour d’un poulet- frites, dans son quartier général. L’osmose entre les deux hommes fut immédiate et je me souviens de cette image forte d’Arafat prenant Séguin par la main pour  le raccompagner, comme il aurait tenu celle de son frère.

 

 

 

JO d’Atlanta 

 

Ce qui devait être un souvenir particulièrement agréable fut sans doute le plus douloureux de mes voyages. Invité par le Comité Olympique International à suivre, durant une semaine, les JO d’Atlanta, Philippe Séguin me proposa de l’accompagner. « Ce ne sera pas des vacances » me prévint-il. Il  vous faudra vous occuper de toutes les places et autres accréditations nécessaires  pour accéder à tous les sites. L’expérience sans doute unique de participer à des Jeux olympiques en valait bien, pour moi, la chandelle.

Les événements voulurent qu’un avion de la TWA en partance pour Paris s’écrasa quelques jours avant notre départ en baie de New York. Philippe Séguin fut donc chargé de représenter le gouvernement Français auprès des familles, rassemblées dans un hôtel, dans l’attente de la récupération  et de l’identification des corps. L’expérience fut douloureuse et éprouvante. Philippe Séguin reçut les familles les unes après les autres, les écouta raconter le malheur qui venait de les frapper. Ici des enfants que l’on renvoyait au pays, là un couple séparé à jamais, ici des parents que l’on ne reverrait plus.  Parmi les passagers un des fils du professeur Merieux dont  Philippe Séguin était l’ami et qui se jeta en pleurs dans ses bras.

Nous quittâmes New York le cœur serré et l’âme lourde, peu enclins à nous retrouver dans une ambiance festive.

Pour couronner le tout, l’Assemblée nous avait réservé  des places pour Atlanta  via la  TWA ! Le vol fut un peu long …

 

2-atlanta.pngPhilippe Séguin passa ses nerfs à l’arrivée à Atlanta sur un brave consul qui  comprit tout de suite qu’il allait passer une mauvaise semaine. J’espère que celui là n’écrira pas ses mémoires !

Je lui confiai lâchement, dès notre arrivée, le soin de nous accompagner sur tous les sites et de s’occuper de toutes nos accréditations. Et parce qu’un homme sous pression est beaucoup moins efficace, nous allâmes dès le premier jour d’incidents en incidents. Il finit par marcher toujours trente mètres devant nous pour s’assurer qu’il nous faisait bien entrer à la bonne porte. Le pauvre se fit porter pâle au bout de trois jours, me laissant sa voiture son chauffeur, et mon ingérable président. Cela se passa finalement assez bien, même si je finis par marcher à mon tour trente mètres devant Philippe Séguin, ce qui lui fit dire un jour, non sans humour, « Arrêtez de marcher si vite François, vous voulez devenir consul, ou quoi ? »

 

Un autre événement marqua Atlanta à l’occasion de notre semaine sur place : ce fut l’explosion d’une bombe en pleine nuit sur la place principale.

Ce fut Guy Drut, le ministre des sports français de l’époque, qui m’appela vers deux heures du matin pour me prévenir. Il n’avait pas osé appeler lui même Philippe Séguin, de peur de le réveiller de mauvais poil. Je branchai aussitôt CNN et décidai de prévenir mon Président.

Il alluma  à son tour la télé et me rappela de sa chambre dix minutes plus tard sans émotion particulière. Vous m’avez réveillé pour une bombinette François …

 

L’homme d’Etat n’aime pas les petits événements …

 

 

 

 La dissolution de 1997, européennes et régionales…

 

 


3-JCh-PhS.jpgTout a été dit je crois sur cette pitoyable idée qui, après le rendez-vous manqué de Séguin à Matignon  fut la deuxième tragique erreur de Jacques Chirac qui allait  amener, comble de la désolation, Chirac, encore tout jeune président, à devoir confier la politique de la France au premier secrétaire du parti socialiste pendant le reste de son septennat. C'est-à-dire cinq ans!

Lorsque l’on pense à tous ces combats, à ces longues années d’attente et que l’on en arrive à ce ridicule de situation, on se dit tout de même que tout cela est bien malheureux.

Séguin en tant que Président de l’Assemblée fut bien consulté par le Président de la République, mais toute la force de ses arguments et l’annonce d’une prochaine défaite furent balayé par un soit disant sondage garantissant la victoire.

 

Le résultat fut une défaite cuisante qui entraîna Séguin à se lancer très rapidement à la conquête de la citadelle RPR.

Il s’en empara dans la déroute avec une assez grande facilité et réhabilita progressivement  un certain Nicolas Sarkozy. Il comprit vite le potentiel de cet homme et l’intérêt d’une alliance avec lui dans un objectif de rassemblement.  

Je suivis mon patron dans cette nouvelle aventure et fut nommé chef de cabinet. L’un de mes premiers rôles fut de rassurer un personnel fidèle et compétent, inquiet par l’arrivée d’un homme qu’ils ont longtemps perçu comme l’adversaire personnel d’Alain Juppé.

 

Le choix de Nicolas Sarkozy, considéré à l’époque comme un traître par beaucoup de chiraquiens parce qu’il avait choisi Balladur en 1995,  ne rajoutait rien à la facilité. Pourtant Séguin, en le réhabilitant, s’adjoignait  un fidèle numéro deux, terriblement efficace. C’est à cette époque que j’ai appris à connaître et à apprécier l’actuel Président de la République et à travailler avec ses proches : Brice Hortefeux, Frédéric Lefèvre et le nantais Franck Louvrier qui venait de rejoindre Sarkozy. Leur efficacité et leur solidarité dans l’action  m’impressionnèrent dès le début.

 

J’ai aussi pu admirer comment Nicolas Sarkozy accepta de prendre, en pleine campagne européenne, le relais de Séguin qui, constatant son échec à rassembler tous les gaullistes et en particulier Charles Pasqua,  renonça à tirer la liste du RPR. Sarkozy baissa la tête et alla courageusement dans un combat où il savait que le parti gaulliste n’avait jamais brillé.

 

Après les européennes se profilaient déjà les régionales.

C’est à ce moment là que je crus nécessaire de prendre du recul. Je ne me voyais pas spécialement une âme d’apparatchik ce que j’aurais pu rapidement devenir. La facilité et le confort ne correspondaient pas à mes attentes.

Je pensais qu’était venu le moment de me séparer d’un homme qui m’avait beaucoup donné mais qui avait sans doute moins besoin  de moi dans le poste qu’il occupait, entouré de dizaine de collaborateurs. Je n’excluais pas que nos routes se recroisent un jour  même si je ne suis pas un adepte des retours  en arrière. La vie, je crois, est toujours devant.

C’est à cette époque que François Fillon, tout juste élu Président de la Région des Pays de la Loire, me proposa de devenir son directeur de cabinet à Nantes.

 

Le plus dur ne fut pas en la circonstance, de dire oui à François Fillon mais d’annoncer à Séguin que je le quittais. J’utilisai  alors le vocabulaire footballistique dont Séguin était expert et qui contenait des nuances bien utiles pour la circonstance. J’évoquai ainsi le prêt d’un joueur à un club ami avec naturellement la possibilité pour le club formateur de reprendre à tout moment son poulain.

Il me rappellera  habilement cette petite phrase quant à l’occasion de sa campagne municipale pour Paris, je vous l’ai dit, il tenta de me faire revenir.

 

 

A l’heure du bilan d’une collaboration à son origine très improbable et  qui dura tout de même six ans, je n’ai que de la reconnaissance envers celui qui m’a tant appris de la France, de son histoire, de la République, de ses valeurs, de la Politique au sens noble  du terme,  moi le petit versaillais scolarisé chez les eudistes qui avait au départ si peu de choses en commun avec lui.

 

Jean François Copé, dans un récent ouvrage, a très bien résumé la relation  qu’un collaborateur peut avoir avec son patron.

Il faut aimer ses exigences et pardonner ses excès.

 J’ai aimé les exigences de Philippe Séguin, pardonné ses excès, et su garder ses grands et petits secrets. Je crois avoir conservé pour cela aussi jusqu’au bout son estime.

Par Francois PINTE
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 10:31

Communiqué de presse de François Pinte

Suite au décès de Philippe Séguin dont il a été le collaborateur pendant 6 ans de 1992 à 1998.

 

C’est avec une profonde tristesse et une grande émotion que j’ai appris, ce matin,  le décès  de Philippe Séguin, dont j’ai eu la chance d’être le collaborateur de 1992 à 1998.

 

Il fut incontestablement à l’origine de mon engagement politique.

 

Son  amour  pour  la  France,  ses  convictions  Républicaines, son immense culture,  ses  qualités  de tribun,  son intelligence hors du commun et son exigence  personnelle de travail  en faisaient un homme politique à part et sans doute difficilement compatible avec la petite politique politicienne qu’il a du côtoyer durant toutes les années de son engagement public.

 

Philippe  Séguin  était  entier, il ne transigeait jamais. Voilà pourquoi ses amis le craignaient autant que ses adversaires. Et voilà aussi pourquoi il n’a pu aspirer à de plus hautes fonctions.

 

Je  n’oublierai  pas  qu’il  a  été  mon  premier mentor en politique avant François Fillon et que j’ai beaucoup appris à ses côtés.

 

Son  caractère  tant  décrié cachait une immense générosité de cœur dont il savait aussi faire preuve et dont j’ai été le témoin.

fpPhS.jpg
François Pinte et Philippe Séguin à l'hôtel de Lassay en 1997

Par Francois PINTE - Publié dans : presse
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /2010 19:39

Des vœux de bonheur, des défis à relever et une élection régionale

plus importante qu’elle n’en a l’air…

 

Je forme pour chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

 

Je crois qu’au fond nous nous souhaitons des choses assez simples parce que nous savons que ce sont elles qui peuvent nous apporter réellement le bonheur : la santé, la joie, la paix de la cellule familiale, un travail épanouissant.

 

Mais je souhaite aussi, en ce début d’année, mettre l’accent sur l’engagement, qu’il soit associatif, politique, citoyen ou simplement humain, auprès des autres, auprès de ceux qui en ont besoin.

 

Cet engagement est indispensable à l’« alchimie du bonheur » parce que le bonheur ne peut selon moi se résumer à du cocooning replié sur soi-même. Sans l’engagement, l’homme ne peut complètement se réaliser, concrétiser sa condition humaine. Et en la matière il n’y a pas de petits engagements,  ils sont tous indispensables à notre société, à cet équilibre et cette capacité de vivre tous ensemble.

 

Mon engagement à moi est, vous le savez, politique.

 

Je serai candidat à un second mandat de conseiller régional en mars prochain sur la liste conduite par Christophe Béchu. J’espère évidemment  que nous serons cette fois ci dans la majorité.

Le rôle d’opposant est utile en démocratie et je crois l’avoir tenu avec assiduité, fidélité aux électeurs qui ont voté pour nous. J’ai toujours cherché à être constructif car je crois au dialogue et à l’addition des talents, lorsque la pratique socialiste accepte de lui faire un peu de place!

Force  est de constater  que ce ne fut pas souvent le cas durant les six années de la présidence de Jacques Auxiette, où tout ce qui venait du gouvernement ou de l’opposition régionale  était systématiquement condamné ou caricaturé.

 

Plus grave, je pense que les socialistes régionaux n’ont pas été fidèles à l’engagement social qu’ils avaient pris et dont ils pouvaient être naturellement porteurs.

 

Lorsque 5 élus de gauche ont passé plus d’un mois par an en voyage, depuis 6 ans, sur le compte du contribuable, ce n’est pas social!

Lorsque l’on a dépensé, dilapidé devrais-je dire, 18 millions d’euros par an en communication, on n’est pas social, on n’est pas moral, et  je préfère m’arrêter là !

 

Il est en effet important que les habitants les plus faibles de notre Région  ne soient pas une nouvelle fois dupes ou otages des belles promesses que la gauche ne manquera pas de faire à l’occasion de cette nouvelle campagne.

 

Environnement, Emploi, Education, Formation, Recherche, Transports, Aménagement, Culture, Sport, Tourisme, toutes nos politiques régionales peuvent être améliorées pour devenir plus efficaces, j’en ai la conviction.

Il est temps de redonner une vraie ambition à notre Région, de vraies lignes directrices.

Il est temps que l’action reprenne le pas sur les paroles, les assises et autres conférences sans lendemain.

Il est temps de cesser le « blabla » et les affiches d’autosatisfaction et de redonner à la région sa capacité rapide d’intervention, de se fixer  des objectifs chiffrés et de les tenir.


Il est temps de redonner du sens au Fait Régional
.

 

C’est bien notre Région qu’il faut servir, c'est-à-dire une partie importante de notre vie quotidienne, de celle de nos enfants, et non le devenir ou la notoriété de tel ou tel homme politique.

Il nous faut œuvrer pour la préparation et l’adaptation des hommes et des Pays de la Loire aux défis qui nous attendent. Voilà notre engagement.

Par Francois PINTE - Publié dans : agenda
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /2009 18:03
Communiqué de François PINTE Président de l’UMP 44
Et de Philippe BOENNEC Secrétaire Départemental de l’UMP 44

Suite à la cérémonie ayant eu lieu entre deux femmes à la mairie de Haute-Goulaine

Suite à la cérémonie informelle tenue en mairie de Haute-Goulaine, après un PACS formalisé il y a 3 mois au tribunal d’instance, François Pinte, Président de l’UMP 44, et Philippe Boennec, Secrétaire Départemental de l’UMP 44 réaffirment l’opposition de l’UMP à tout mariage homosexuel.

Ils soulignent dans la circonstance que le maire de Haute-Goulaine n’a procédé ni a un mariage ni a un pacs et donc que cette cérémonie n’a aucune existence légale.

Ce type de manifestation est régulièrement organisé à la mairie de Nantes et dépend uniquement de la volonté ou non du Maire de l’autoriser.

Le risque est bien évidemment la confusion que de tels rassemblements peuvent entrainer comme ce fut le cas à Haute-Goulaine.
Par Francois PINTE - Publié dans : presse
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Le blog de François Pinte

 FP 2010
François Pinte ,
Conseiller régional des Pays de la Loire,
est aussi Président de l'UMP de Loire-Atlantique

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