Monsieur le Président,
Un jour où je m’offusquais de vous voir utiliser cette enceinte pour faire de la politique nationale et critiquer grossièrement
le gouvernement, vous m’avez dit, « moi monsieur Pinte, je fais de la politique ».
Et bien j’ai retenu la leçon, et permettez-moi, à mon tour en ouvrant le débat, de faire un peu de politique.
En vous disant d’abord notre satisfaction de voir que la politique Européenne du Président de la République a été approuvée par
les habitants de notre Région comme ils avaient majoritairement voté pour lui à l’occasion de l’élection présidentielle.
Tous ceux qui ont voulu mettre sur le dos du Président de la République les problèmes que nous rencontrons en ont été pour leurs
frais et le vote sanction s’est retourné contre ceux qui le prônaient.
Je me souviens de votre arrogance, de celle dont votre majorité a fait preuve depuis votre élection, session après session. Des
leçons que vous n’avez cessé de nous donner allant parfois jusqu’à l’injure.
Je crois qu’il est désormais temps pour vous de ranger votre arrogance car la meilleure façon de servir nos concitoyens c’est
l’humilité et de proposer aujourd’hui aux français une opposition nationale constructive.
Inspirez-vous donc de celle dont nous avons fait preuve à l’occasion de la dernière session en votant votre plan de relance tout
en y apportant des critiques, justement constructives.
La stratégie du parti socialiste qui a voulu faire de l’anti Sarkozysme s’est traduite par une déconfiture.
Les français ne vous ont pas suivis, ils ont préféré la pertinence et le courage de ceux qui s’engageaient dans un discours de
vérité et d’ouverture et de ceux qui ont parlé d’Europe.
Oui ceux qui ont gagné aux élections européennes sont ceux qui ont parlé le plus d’Europe. Ce fut le cas pour « Europe
Ecologie » dont le succès révèle l’importance pour les français de la cause environnementale et la compréhension nationale qu’elle a encore plus de pertinence si elle est traitée au niveau
européen.
La majorité présidentielle a elle aussi gagné ces élections et c’est évidemment pour nous la reconnaissance du travail accompli
par le Président de la République à l’occasion de la présidence Française de l’Union Européenne.
Et bien ce succès national et ce succès régional (la majorité présidentielle arrive en tête dans les 5 départements de la
région) nous les portons sans arrogance (et je ne parlerai pas de nos petits bonheurs …) et avec gravité parce qu’ils nous obligent avant tout, encore plus au regard des enjeux qui se dressent devant nous et qui sont au-delà de nos différences, nos défis communs : défis de la crise économique, défis
du réchauffement climatique. Deux thématiques qui sont bien vous le voyez au fond à l’ordre du jour de notre session.
Apporter une réponse à la crise économique est évidemment la priorité absolue du gouvernement. Cela passe, nous le savons tous,
en remettant de l’ordre dans la surveillance des banques et des établissements financiers qui n’est pas à ce jour satisfaisant.
La France a proposé que la Banque Centrale Européenne préside un comité européen chargé d’analyser le risque financier
systématique et capable de prendre des décisions contraignantes.
Cette autorité européenne devra également assurer la supervision des entités pan-européennes comme les agences de notation
financière ou comme les chambres centrales de compensation qui échappent aujourd’hui à toute réelle supervision.
La gravité de la crise que nous traversons impose par ailleurs un réexamen rapide de l’ensemble des politiques européennes.
Certains efforts sont en cours : la banque européenne d’investissement a ainsi augmenté de façon considérable sa capacité de prêt au sein de l’union européenne avec un effort particulier
pour les PME et la recherche.
Par ailleurs la commission a rapidement adapté sa politique de contrôle des aides d’Etat sous l’impulsion de la France afin de
leur permettre de secourir de nombreuses entreprises menacées par la crise. Le gouvernement français veut aller plus loin en imposant un plan européen global pour la voiture électrique ainsi que
pour la croissance verte qui sera, nous le savons, un des grands secteurs de la croissance de demain.
Il faut également une politique européenne pour aider les entreprises à investir davantage dans la recherche et
l’innovation.
Le fonds social européen aussi doit permettre aux Etats membres de mieux former les salariés qui sont les plus menacés par la
crise. Il faut enfin que l’Europe engage un réexamen des politiques de concurrence.
Nous ne pouvons plus imposer à nos entreprises des règles qui les désavantagent par rapport à leurs concurrents de pays
tiers.
B - Sans attendre la mise en place de ces nouvelles mesures européennes, la France a mis en place un plan de relance basé sur
l’investissement, par l’injection de 10 Milliards dans l’économie, 20 000 accords de partenariat avec les collectivités locales dont les Pays de la Loire qui bénéficient d’ores et déjà de 20
millions d’euros de FCTVA.
Mais aussi des mesures de solidarité pour 10 millions de nos concitoyens qui ont bénéficié d’un coup de pouce. 6 millions sont
exonérés du 2ème et du 3ème tiers sur le revenu, 1,4 million bénéficient du chèque emploi-services, cela touche les familles nombreuses, les personnes âgées et les
personnes en situation de handicap, sans oublier les 150 € de prime aux familles modestes dont bénéficient 3 millions de personnes.
Le Chef de l’Etat l’a redit à Versailles « nous devons tout faire pour éviter que les victimes de la crise ne deviennent
des exclus que nous ne pourrions plus ensuite réinsérer dans l’économie et la société ». Voilà pourquoi il proposera aux partenaires sociaux de prendre des mesures massives en faveur de
l’activité partielle et d’étendre encore le contrat de transition professionnelle. Et voila pourquoi il a annoncé toute une série de dispositions pour donner à notre jeunesse toutes les chances
de sa réussite. Comme la prise en charge dans des internats d’excellence les enfants de milieux modestes. Ou comme la revalorisation de l’Apprentissage, des filières professionnelles et
technologiques.
Alors ici en région si comme je l’ai dit nous avons voté votre plan de relance nous regrettons qu’à l’occasion de ce budget
supplémentaire seulement 30 M€ soient investis en 2009. Alors que nous sommes au cœur de la crise, une misère au regard du territoire régional. La vérité c’est qu’il aura fallu attendre le 15 mai
2009 pour qu’en région des pays de la loire on se décide à agir pour limiter les effets de la crise. Mais je ne développe pas, mon collègue Daniel Augereau y reviendra dans un
instant.
Second sujet à l’ordre du jour de notre séance l’environnement.
C’est le second défi Européen, national, et régional.
L’union européenne s’est dotée, grâce à la France et à l’Allemagne, d’une législation extrêmement exigeante pour lutter contre
le réchauffement climatique qui doit permettre une diminution des émissions de CO² en Europe de moins 20% en 2020 par rapport à 1990, ce chiffre pouvant passer à moins 30% en cas d’accord
international à Copenhague en décembre prochain.
La France souhaite que des mesures soient prises pour protéger la compétitivité de l’industrie européenne si certains de ses
partenaires ne s’engageaient pas sur des réductions suffisantes de réduction de leur émission de CO².
En matière économique comme en matière environnementale la France n’a pas attendu que l’Europe se mette d’accord. En effet après
la signature par Nicolas Sarkozy de la charte de Nicolas Hulot pendant la campagne présidentielle, après la nomination pour la première fois d’un Ministre d’Etat chargé du plus grand Ministère du
développement durable que la France ait connu, le Grenelle de l’environnement a été lancé par le Gouvernement en juillet 2007. Six groupes de travail de quarante membres ont alors été mis en
place pour représenter tous les acteurs du développement durable : Etat, collectivités locales, ONG, employeurs et salariés. En octobre 2007, une consultation des publics sur 19 régions a
regroupé 16900 participants et comptabilisé 10 000 interventions internet. Cette grande dynamique a donné lieu à l’adoption, dans le plus grand consensus, de 268 propositions
d’engagement.
Les douze chantiers qui ont été jugés prioritaires bénéficient tous aujourd’hui d’une programmation financière très
ambitieuse, qui confirme la mobilisation du gouvernement autour de la mise en œuvre du Grenelle. D’ici à 2020 se sont 440 milliards qui seront investis, permettant de créer
535 000 emplois, dont 250 000 dans le bâtiment et 220 000 dans le secteur des énergies renouvelables.
Le Grenelle de l’Environnement a eu le mérite de mettre en mouvement l’ensemble de la société française et de lui permettre
d’intégrer la rupture écologique. Et de répondre d’une certaine manière au discours de l’ancien Président de la République, Jacques Chirac, à
Johannesburg, qui disait « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». Aujourd’hui, en France et en Europe, notre maison brûle encore, mais nous agissons.
Alors ici en région nous sommes bien évidemment favorable au
principe de la mise en place d’un Agenda 21.
Et nous aurons à cœur de proposer dans le débat un certain nombre de mesures
démontrant, s’il en est besoin, notre attachement à une politique globale en matière d’environnement. Ces propositions ont été publiées dans notre lettre d’information en début de ce
mois.
Je veux simplement souligner ici que si nous sommes pour un agenda 21 régional nous ne partageons pas votre approche des
choses.
- Car celui
que vous proposez ne se situe pas dans l’application du grenelle de l’environnement
- Car votre
projet d’agenda 21 ne fait pas référence à ceux qui préexistent déjà sur le territoire régional.
C’est une constante chez vous de vous comporter comme si vous régniez sur un territoire qui serait ni un morceau de la France et
donc où il ne serait pas nécessaire d’appliquer les lois de la République, ni, non plus, un assemblage de départements, d’agglomérations et de communes.
Et je comprends mieux pourquoi vous vous opposez à la réforme territoriale parce que, comme beaucoup d’élus, vous avez
l’idéologie de votre chapeau à plumes.
- Vous
empilez les schémas et les rapports :
o Schéma Régional de Développement
Economique,
o Schéma Régional d’Education et de
Formation,
o Schéma Régional du Développement du Tourisme et
des Loisirs,
o Schéma Régional de la Recherche,
o Schéma Régional des Infrastructures et des
Transports,
o Plan Régional de Déplacement des
Voyageurs,
o Schéma Régional d’Aménagement et de
Développement Durable du Territoire).
Quels liens entre le schéma régional d’Aménagement et de Développement Durable
du Territoire et l’agenda 21 que vous proposez aujourd’hui. Quelle part des milliards sur SRADDT (10 environ pour les transports) sont conjoints avec cet agenda 21 et d’ailleurs combien coûte cet
agenda 21 ?
- Dernière
remarque, comment évaluer cet agenda 21 ? Sachant que vous n’avez pas prévu de faire l’état des lieux de départ, il sera difficile d’en mesure l’avancement.
Il nous sera difficile de vous suivre sur votre rapport, autant plus difficile que les vraies questions ne sont pas
abordées :
- quelle
position sur l’aéroport Notre Dame des Landes ?
- Quelle
position sur le franchissement de la loire ?
- Quelle
production électrique dans notre région ?
Quelle est la position du Groupe Vert sur ces 3 sujets, qui je le pense, va voter l’agenda 21. J’attends avec impatience les
contorsions de Monsieur Hélary ou de Monsieur Cotrel ou de Madame Bouchaud sur le sujet.
Nous devrions passer un bon moment.
Et bien nous, nous sommes :
- Pour le déplacement de l’aéroport Nantes Atlantique vers Notre Dame des Landes en en faisant l’aéroport le plus écologique jamais réalisé en
France
- Pour l’engagement des études concernant un nouveau franchissement de la Loire.
Je me réjouis, comme chacun certainement dans cette Assemblée, d’une part de l’engagement du Premier Ministre concernant des
avances remboursables afin de venir en aide aux PME du secteur aéronautique en difficulté du fait de la crise pour les aider à passer les creux de commande et d’autre part de la double
annonce faite à l’occasion du Salon du Bourget:
- Dan
Wheeler, Vice-Président de l’équipementier aéronautique Spirit aréosystems a annoncé que son groupe allait débuter en septembre prochain la construction d’une usine de 6000 m² à Montoir de
Bretagne. Disponible d’ici un an, elle devrait contribuer à la création de 75 emplois dans le cadre d’un programme de 10 milliards d’euro concernant la réalisation d’une partie du fuselage du
futur long courrier A350 XWB.
- François
Lepinoy, PDG de Daher qui avait déjà récupéré l’activité d’estampage thermoplastique de l’usine de Saint-Nazaire ville vient de se voir confier par Airbus la réalisation des extrémités de voilure
de l’ATR 72. Daher doit lancer la construction d’une première usine de 10 000 m² début septembre, va mettre en route une deuxième tranche de
15 000 m² avant la fin de l’année et emploiera à terme entre 300 et 400 personnes.
Expliquez moi comment on pourrait être pour la construction d’avion, d’ailleurs moins polluants et moins gourmands en énergie
notamment par l’usage de matériaux composites, et bientôt propulsés par du carburant vert à base d’algue comme l’étudie airbus, et en même temps contre un aéroport moderne et écologique
permettant à ses avions de décoller et d’atterrir ?
Voilà Monsieur le Président, la position du Groupe UPL sur les deux des principaux dossiers qui nous réunissent
aujourd’hui.
Sophie Jozan s’étonnera quant à elle d’un projet sur la parité qui arrive quelques mois avant la fin de votre
mandat.
Vous aurez compris qu’opposition constructive ne signifie pas tous les jours vote positif.
Je vous remercie.