conseil régional

Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 17:29

Monsieur le Président,

 

Nous voici à l’issue du débat sur le budget supplémentaire qui ne fait au fond que de modestes ajustements par rapport à votre budget primitif.

Honnêtement, j’ai trouvé qu’il y avait de votre part beaucoup d’autosatisfaction que vous manquiez de modestie, j’allais dire de pudeur.

Ce fut l’occasion, pour vous, de présenter à nouveau vos différentes politiques, mais surtout d’opérer des attaques systématiques contre l’Etat.

Je crois qu’il n’y a pas eu un seul rapport épargné par ces critique, le plus souvent caricaturales et grossières, effets de manche ou de tribune, niant le contexte international, niant la crise et omettant de comparer la France aux autres pays européens et en particulier à ceux dont vous louez le modèle comme l’Espagne socialiste de Monsieur Zapatero.

Si vous l’aviez fait, vous seriez peut être moins critique sur la politique mise en place par le Président de la République et son Gouvernement qui, nous le croyons, a permis à notre Pays de ne pas se retrouver dans une situation similaire. Il n’est pas inutile de rappeler que cela pouvait parfaitement arriver si des choix responsables, des choix difficiles parfois, n’avaient pas été faits.

Vous êtes rentré, une nouvelle fois, dans vos contradictions en comparant la dette de l’Etat à celle de la Région tout en demandant dans le même temps toujours plus d’Etat pour notre Région, pour les trains, pour l’apprentissage, pour l’éducation, pour l’international, pour la culture….

Le gel des contributions de l’Etat dans ce contexte de crise est normal et responsable. Et il est normal que cela nous oblige à faire des choix. Plutôt que de dire, Monsieur Vaugrenard, que si cela continue nous dégraderons notre capacité de désendettement, je veux vous dire que cela n’est pas une fatalité. Et comme vous avez reconnu en avoir déjà fait, il faudra forcément encore faire des choix. Et je vous le dis Monsieur Vaugrenard, et vous êtes trop honnêtes pour pouvoir sérieusement affirmer le contraire : il le faudra, quelque soit la couleur politique du prochain Président de la République l’année prochaine.

Par ailleurs, je regrette d’autant plus vos attaques systématiques que vous avez pu constater que nous avons présenté tout au long de cette session l’image d’une opposition constructive.

Cette position pouvait nous faire espérer une attitude plus respectueuse de votre part vis-à-vis de votre opposition, ce qui n’a pas été le cas.

Je le regrette car le manque de modestie et l’autosatisfaction ne sont sûrement pas bonnes conseillères. Vous pourriez vous ouvrir à l’idée que, de temps en temps, l’opposition régionale pourrait avoir une bonne idée. Pardon le début d’une réflexion pertinente. Pardon, l’amorce du début du commencement d’une réflexion. Et que, peut-être, il est imaginable de penser que vous pourriez amender ou revoir certains aspects de vos politiques.

Cela a été particulièrement frappant à l’occasion de deux rapports :

-          celui de la recherche ou l’excellente intervention de Sophie Jozan a été balayée d’un revers de suffisance par Monsieur Clergeau qui sait toujours tout sur tout et qui n’a même pas l’ouverture d’esprit de se dire que, peut être, il y avait dans ces propos des remarques constructives ;

-          idem sur le débat concernant l’apprentissage ou Géraldine Delorme a eu raison de dire qu’il faut que cesse maintenant cette prise d’otage des apprentis par la Région. Quelle image donnons nous à être la seule région de France à avoir bloqué les négociations avec l’Etat alors que celui-ci augmente de 22% son financement ?

Monsieur le Préfet a eu raison de rappeler qu’il devait y avoir dans ce domaine comme dans tous les autres un peu de répartition territoriale au nom du principe de l’Egalité. Un apprenti du Pas-de-Calais ne vaut pas moins qu’un apprenti des Pays de la Loire. La décentralisation est nécessaire mais elle a ses limites lorsqu’elle touche à nos principes républicains.

Et je dois dire, Monsieur le président que vos insinuations sur l’existence supposée de certaines connivences étaient assez scandaleuses. Attention Monsieur le président à ne pas franchir la ligne rouge surtout si vous êtes attaché à la sérénité des débats.

Cette sérénité des débats nous l’avons appréciée quand elle a pu exister. Mais pas au point de nous faire changer d’avis par rapport au budget primitif. Nous voterons donc contre votre budget supplémentaire.

Je vous remercie.

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 23:08

Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, vient d’annoncer que l’Etat financera l’Institut de Recherche Technologique (IRT) Jules VERNE à NANTES.


Je me félicite de cette décision, c’est l’un des 6 projets d’IRT retenus en France. Cela démontre une nouvelle fois, s'il en était besoin, l'investissement de l'Etat dans notre région.


Et surtout il s’agit d’un investissement d'avenir qui doit permettre à notre région de rattraper son retard en matière de recherche...


Cet institut placera, je le souhaite, notre Région, au premier plan de la recherche et des technologies sur les nouveaux matériaux qu’utiliseront l’automobile, l’aéronautique et la construction navale.

 

Il accueillera un millier d’étudiant et engendrera la création de 5000 emplois directs en 10 ans.

 

C’est une nouvelle étape de la coopération entre les géants industriels, les PME innovantes, les Universités et les Grandes Ecoles de notre région, que nous avions initié sous la présidence du Conseil Régional de François FILLON, que l’Etat a poursuivi ces dernières années avec le pôle de compétitivité EMC² et qui rassemble à nouveau tous ces acteurs pour la réussite de l’IRT Jules VERNE.

 

L’Etat accompagnera financièrement ce projet, c’est encore une bonne nouvelle pour l’IRT dont le coût estimé à 200 millions d’euros, place résolument cet équipement sur une dimension nationale et internationale puisqu’il a l’ambition de devenir une référence mondiale dans le domaine des matériaux composites multidimensionnels.

 

Plus d’informations ici 

http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/Fiches_IRT/39/6/Dossier_de_presentation_des_IRT_3_176396.pdf

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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Jeudi 31 mars 2011 4 31 /03 /Mars /2011 10:35

 

70% des habitants de notre région utilisent leur véhicule pour se déplacer. Cela représente 1,3 millions de déplacements annuels domicile- travail d’une distance moyenne de 13 km.

1/3 font même 2 aller-retour par jour.

Même dans les grandes agglomérations comme Nantes Métropole, et malgré l’offre plus abondante de transport en commun, la part de l’automobile représente encore 57% des déplacements dont les 2/3 pour aller au travail.

Au moment où le prix du carburant est très élevé en raison des tensions sur la production de pétrole et où le pouvoir d’achat de la population est soumis à forte tension, toute baisse du prix à la pompe sera la bienvenue.

L’Etat s’est engagé à un retour à l’équilibre des finances publiques.  Les mesures prises visent des économies de fonctionnement sans augmentation des impôts, ni de la TVA pour ne pas peser sur les ménages. Il parait donc très difficile que l’Etat diminue sa part de la taxe sur les carburants, la fameuse TIPP.

En revanche, chacun sait que les régions ont augmenté leur part de TIPP. Rien qu’en Pays de la Loire, la recette correspondante dépasse 180 millions € par an. A la pompe elle correspond, selon le type de carburant à 1,15 ou 1,77 centimes par litre.

Alors que les finances régionales sont équilibrées et que le train de vie de cette collectivité est largement plus aisé que celui de l’Etat, je demande au Président socialiste de la Région de ramener le taux de la part régionale de la TIPP à sa valeur plancher.

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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Mardi 8 février 2011 2 08 /02 /Fév /2011 17:58

Conseil Régional des Pays de la Loire

Session du 27-28 janvier 2011

Débat général du budget 2011

Intervention de François PINTE

 

 

 

Je ne vais pas revenir en détail sur les aspects budgétaires d’usage pour une opposition à l’occasion de l’examen d’un budget, d’autant que tout a été dit avec l’intelligence qui le caractérise par Monsieur Christophe BECHU en terme financier. Il a également parfaitement souligné les inquiétudes légitimes que nous pouvons avoir et qui doivent nous amener à avoir un peu plus de regard critique sur votre gestion.

 

L’autosatisfaction permanente dont vous faite preuve depuis 2004 ne doit pas vous aveugler sur les conséquences de certains de vos choix et ne doit pas vous empêcher de faire preuve parfois, d’un peu d’autocritique et de remise en cause.

 

C’est notre rôle d’opposition constructive que de tenter de vous y conduire :

 

-         Oui, il est possible de taxer moins fortement les Ligériens au travers de la Tipp parce que nous savons que c’est les Ligériens les plus modestes qui en font d’abord les frais.

-         Oui, beaucoup serait à dire sur la qualité de l’investissement. Il ne suffit  pas de faire croire que l’investissement augmente lorsqu’on y intègre toute la communication sur la construction d’un lycée par exemple.

-         Peut-on parler de bonne gestion lorsqu’on constate près de 7 années de crédit de programme en CP (5 seraient bien le maximum pour une gestion sérieuse)

C’est par ailleurs le ratio de réalisation annuel dont nous avons besoin pour analyser votre gestion et non des années passées, afin de pouvoir parler de notion de juste temps pour évaluer le juste coût

-         Enfin, autre piste d’amélioration possible, une étude systématique  et rigoureuse des bilans de tous les organismes qui reçoivent des subventions de la Région des Pays de la Loire… C’est dans cet esprit que je vous propose de créer une commission d’évaluation

Je pense que vous ne vous y opposerez pas puisque c’est le principe que vous appliquez actuellement aux lycées et que je soutiens pour ma part

Je suis certain que ce travail de transparence nous permettra de constater que beaucoup de subventions sont inutiles au regard de la trésorerie de certains bénéficiaires.

Une mission d’information, c’est un droit, dès lors qu’1/6 des membres de l’assemblée le demande. C’est la 1ère proposition de mon intervention

 

Je l’ai dit en introduction, je ne vais pas m’arrêter aux chiffres parce que nous sommes dans une bataille de chiffres, qui si elle n’est pas inutile, elle est en revanche incompréhensible pour nos concitoyens et vous en jouez d’ailleurs, quitte à en abuser régulièrement.

Mais je voudrais encore dire un mot sur la réforme de la taxe professionnelle que vous avez fortement critiqué pour vous rappeler tout de même, que cette réforme respecte les entreprises qui se voyaient systématiquement taxées par le passé, même si leur situation économique était mauvaise.

Ce n’est plus le cas maintenant et ce n’est que bon sens ; bon sens auquel vous devriez souscrire au lieu de toujours vous placer en comptable de ce qui vous serait dû et de penser que des recettes seraient comparables à des avantages acquis…

En effet, derrière ces recettes, il y a des entreprises, des salariés, une vie économique, que vous ne pouvez ignorer. On ne peut pas à la fois souhaiter éviter les délocalisations industrielles pour le maintien de nos emplois et s’opposer à cette mesure qui disons-le, est arrivée au meilleur moment possible.

En somme, une bonne gestion, c’est aussi d’intégrer une part de recette fluctuante en fonction des bonnes ou mauvaises années économiques. Et ce qui est vrai pour la Région, l’est aussi pour le département ou la commune.

Laurent DEJOIE rappelait très justement lors d’une session de la communauté urbaine de NANTES, que l’on peut gager des dépenses par des recettes fluctuantes.

 

Enfin, pour terminer ce propos sur la gestion, je souhaite réaffirmer que l’Etat ne s’est pas désengagé contrairement à ce que vous aviez prédis.

Et c’est une bonne, et non une mauvaise nouvelle que de savoir que l’Etat gèle ses dépenses compte tenu de la situation de ses finances.

 

Placer le débat sur le gel des dotations financières de l’Etat est bien une posture idéologique alors que c’est une mesure de bon sens. Vous agiriez de même si vous étiez aux responsabilités nationales.

 

Je souhaite maintenant donner quelques éléments d’appréciation sur ce budget et y apporter quelques propositions.

 

Le plus gros budget étant celui de l’enseignement, je propose qu’un comité de priorités soit mis en place. L’idéologie ne doit pas primer sur des choix qui ont tant de conséquences financières.

 

Seul l’intérêt du plus grand nombre de lycéens bénéficières devrait prévaloir à nos choix.

Si une telle commission avait été crée le choix de BEAUPREAU n’aurait jamais été prioritaire par rapport à d’autres projets.

 

Vous êtes encore dans l’idéologie avec ce projet et il est encore temps de le suspendre.

Vous nous avez parlé de propositions ; mettons en place cette commission des priorités avec des critères objectifs et discutables, c’est ma deuxième proposition.

 

Concernant la formation, la remise en cause de nos politiques doit être de mise lorsqu’on lit sur le portail Formation Ouest sous la plume de Monsieur Jean-Yves l’ANTON que 60% des gens qui ont participé à des actions de formations conventionnées se retrouvent toujours sans emploi 6 mois après. Or les sommes consacrées à la formation sont importantes, 130 millions d’euros à la formation pour la Région, auxquels il faut ajouter 30 millions d’euros pour Pôle Emploi.

 

Le CESR a également présenté un diagnostic de la formation dans les Pays de la Loire qu’elle a intitulé « Formation dans les Pays de la Loire, de gros progrès à faire » : seulement un salarié sur 4 bénéficie d’une formation d’une durée de 28 heures contre 62 heures en 1974. La formation profite plus aux hommes qu’aux femmes, et elle profite plus aux salariés les plus qualifiés.

 

Dans ce budget primitif, il n’y a qu’une seule réelle nouveauté : le Plan de Continuité Professionnelle Régional. Les autres initiatives sont des ajustements de règlement dans les politiques déjà existantes ou des modifications à la marge… et pour les autres, ce sont des reconductions de politiques publiques dont nous avions déjà la trame dans les budgets précédents.

 

Je soutiens les formations qualifiantes comme axe prioritaire d’une politique de formation régionale mais je crois nécessaire en période de relance de contribuer au financement de toute formation permettant un emploi ou une reprise même si celui-ci est temporaire.

Que constatons nous, que 85% des créations d’emploi l’on été grâce à l’intérim en 2010. Et si j’en parle c’est que nous sommes la 3ème région de France en volume d’intérimaires et que le travail en intérim a augmenté de plus de 37,2 % sur un an dans notre région.

 

Certains peuvent le regretter mais c’est la réalité, et personne ne peut l’ignorer, car l’ignorer c’est être en décalage dans l’efficacité qu’une action d’accompagnement peut apporter.

Le président du secours catholique avait pointé dans une récente interview que les deux handicaps principaux du retour à l’emploi étaient la mobilité et le logement.

 

La Région doit pouvoir donc faire plus en termes d’aide à la mobilité.

L’aide déjà existante de prise en charge d’une partie des dépenses de transport (TER, bus…) ou du permis de conduire, facteurs de mobilité, pourrait être complétée par des systèmes de prise en charge d’une partie d’une location de voiture, ou encore la prise en charge plafonnée d’une partie des frais de garde d’enfants afin de permettre à certains d’accéder à des offres d’emploi dont ils sont exclus.

 

La Région pourrait expérimenter ces approches déjà mises en place par le Fond d’Action Social du Travail Temporaire (FASTT). C’est ma troisième proposition.

 

Voilà pourquoi aussi, des aides au financement de formations courtes me semblent justifiées et nécessaires, particulièrement en cette période de relance économique.

C’est ma quatrième proposition.

 

Il est par ailleurs indispensable de revoir notre convention avec Pôle Emploi pour l’attribution de nos aides et remettre immédiatement en place une commission de rattrapage composée d’élus de tous bords pour redonner du bon sens et de l’humain à ce dispositif.

La formation est indispensable pour le retour à l’emploi, nous en sommes tous conscients, ne bridons pas un moteur indispensable à la baisse du chômage dans notre Région.

C’est ma cinquième proposition.

 

Concernant l’apprentissage : - 8% !

Ce chiffre est incompréhensible dans la situation que nous traversons et Géraldine DELORME vient de développer avec beaucoup de solennité ce point qui nous inquiète.

Vous nous avez parlé de la nécessité d’une rencontre entre un apprenti et un chef d’entreprise. Mais il est évident que vous ne la favorisez pas en retirant la somme de 1000 € accordée jusqu’ici pour aider les chefs d’entreprise qui accueillent ces apprentis.

Revenez sur ce point.

 

Concernant le Plan de Relance Régional :

Vous faites à l’occasion de cette session un bilan que nous réclamions depuis l’automne.

Très bien.

Beaucoup de synergies ont été mises en place à cette occasion entre la Région, l’Etat et le monde économique. Globalement les choses ont bien fonctionné même si nous avions regretté un manque de réactivité à l’allumage.

Dans ce domaine, les entrepreneurs sont ceux qui créent les projets et donc les emplois. Vous avez la volonté de faire plus, nous ne pouvons que vous encourager, mais nous constatons que les effets d’annonces ne se traduisent pas toujours dans les faits.

 

 

Concernant enfin les infrastructures, si je me réjouis que les crédits accordées aux infrastructures ferroviaires soient en forte hausse, je regrette que ceux pour les infrastructures routières disparaissent totalement à l’occasion de ce budget, car c’est ignorer la situation difficile de nombreux ligériens.

Certains grands travaux de liaisons interdépartementales étaient encore nécessaires et la Région pouvait contribuer à cette forme de solidarité ligérienne.

N’oublions pas non plus que l’on consomme moins sur de bonnes routes et qu’elles génèrent moins d’accidents.

 

Face à l’idéologie, à la centralisation des décisions, et à une égalité de façade, le pragmatisme, la réactivité, l’équité sont nos réponses.

 

Alors, face à une opposition constructive, nous espérons que vous vous conduirez à l’occasion de ce nouveau budget en majorité également constructive en acceptant nos propositions.

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 11:31

Conseil Régional des Pays de la Loire

Session du 18 Octobre 2010

Aéroport de Notre Dame des Landes

Intervention de François PINTE

 

Merci monsieur le Président,

Très rapidement parce que tout a été dit je crois,

Tout a été dit. Chacun s’est fait sa conviction, et personne ne convaincra plus personne. Au fond, nous nous en rendons bien compte, ce vote plus que jamais dépasse les clivages traditionnels : Gauche-Droite.

Il a même divisé les écologistes lorsque l’on sait que Dominique Voynet à un moment de son histoire a permis à ce projet d’avancer alors qu’elle pouvait parfaitement à ce moment, s’y opposer, ou tout au moins s’en désolidariser en quittant un Gouvernement qui le soutenait.

 

Alors puisque tout a été dit et que seule l’histoire dira qui des POUR et des CONTRE avait raison, il nous faut tout simplement accepter le vote de l’autre et le respecter.

Même s’il est contraire au sien et plus encore s’il appartient à sa propre famille politique.

Oui, ce vote dépasse les clivages traditionnels :

On est parfois dans la défense de l’intérêt de son territoire qu’il soit régional, départemental ou même plus local.

Notre jugement est parfois dicté par les garanties de liaisons qui sont suffisamment présentes ou non.

On est parfois dans l’intime conviction,

Dans l’idéologie ou le pragmatisme,

Dans le coût financier que représente ce projet lorsque d’autres projets semblent à certains plus prioritaires.

On est aussi dans l’optimisme ou le pessimisme, sans que ce terme soit dans ma bouche péjoratif, que chacun se fait du monde de demain

 

Je dirais donc pourquoi je suis pour et pourquoi nous vous apporterons les voix qu’il manque à cet instant à l’exécutif régional pour permettre la réalisation ce projet.

Mon vote sera OUI, totalement OUI.

Parce que rien de ce que j’ai entendu depuis 10 ans pour le changer ne m’a pas convaincu.

Et rien ne pouvait réellement me convaincre parce que le premier argument que j’ai utilisé depuis le début du processus qui est le même d’ailleurs que le Maire de Nantes, c’est celui de la sécurité des Nantais, il n’est pas négociable et il nécessite selon moi à lui seul ce transfert.

Alors, bien sûr, je me suis interrogé sur l’impact environnemental de ce projet.

Notre génération était en droit de s’interroger sur la nécessité de cet aéroport voulu, imaginé par la précédente, qui n’avait pas les données que nous avons aujourd’hui sur la dégradation de notre planète.

Cette construction va-t-elle accélérer cette dégradation ?

Et ne devons nous pas réduire les gaz a effet de serre, en réduisant au maximum nos déplacements ?

Si l’impact est aussi négatif, ces déplacements seront-ils demain réglementés et alors, en effet, cet aéroport serait inutile ?

 

Mais c’est aussi plus généralement tout le débat sur la production et nous voilà dans le débat de la décroissance.

Et dans le débat de ceux qui vont même jusqu’à prôner aujourd’hui à la limitation de l’espèce humaine.

Je ne cherche pas à caricaturer ce débat. Ce n’est tout simplement pas le mien parce que je crois moi en l’homme et à ses capacités d’adaptation face aux réalités qui se présentent à lui.

Je suis un optimiste de nature. Pas un optimiste béat. Un optimiste rationnel.

-         Regardez le formidable élan du grenelle sur notre pays dans tous les domaines qui touchent à l’environnement.

-         Regardez, quelle est aujourd’hui la concurrence que se mènent  Airbus et Boeing pour imaginer l’avion de demain, l’avion propre, parce que chacun a bien compris que le nouveau défi commercial serait là et nulle part ailleurs.

Les terriens prennent t’ils moins leur voiture qu’hier, l’avion qu’hier ? La réponse est non.

-         Non mais ils roulent dans des voitures chaque jour un peu plus propres et volent dans des avions chaque jour un peu plus remplis et un peu moins polluants.

L’Homme, comme la nature s’adapte, voilà sur quoi est fondé mon optimisme.

Je crois aussi aux progrès de la science et de la recherche.

L’Homme a toujours relevé les défis qui se présentent à lui.

Pourquoi ne releverait-il pas celui là ?

 

Alors, voilà pourquoi je remercie des hommes de Gauche de cette Région d’avoir repris le flambeau de ses visionnaires qu’ont été Charles-Henri de Cossé Brissac, et Olivier Guichard.

Mais aussi leurs successeurs, je veux aussi citer Pierre Méhaignerie qui a beaucoup œuvré comme Président du Département d’Ile et Vilaine mais aussi lorsqu’il était Ministre des transports aux étapes clefs du projet.

Ce projet est sans nul doute la réalisation du dernier grand aéroport Français.

Il est pour notre Région situé au Far West de l’Europe une chance d’ouverture indéniable.

Pour le développement économique de notre région.

Pour le tourisme aussi, accessible au plus grand nombre parce que les volumes de passagers permettront d’augmenter les offres low-cost. Les voyages touristiques ne doivent pas être réservés qu’aux plus fortunés.

 

Ce projet  est pour moi aussi un beau projet régional.

Bien sûr il n’est pas parfait et les Vendéens ont raison d’être les éclaireurs dans la bataille du pont.

Beaucoup d’axes sont encore à prévoir pour en assurer non pas son succès mais son optimisation et Christophe BECHU a eu raison je crois de proposer un comité des itinéraires.

Oui tout n’est pas encore parfait. Mais quoi de plus motivant que de rassembler les énergies pour la réalisation de tous ces paramètres ?

Nous voulons un pont, sans même l’aéroport ,pour le développement du Grand Port, alors quoi de plus positif que la réalisation de cet aéroport qui viendra le rendre encore plus nécessaire ?

 

Pour résumer, je crois qu’on ne peut pas être que Vendéen aujourd’hui.

Que Sarthois, que du Maine et Loire, que Mayennais, il faut être Ligérien.

Ce vote c’est aussi un vote pour la région.

Parce que de la même manière le TGV a structuré notre Région du Mans aus Sables d’Olonne.

L’aéroport est aujourd’hui un équipement structurant d’intérêt régional et de la même manière que l’électrification du TGV est arrivée plus tard à la Roche et aux Sables, les équipements nécessaires arriveront en leur temps. Alors certains disent, à juste raison, oui mais qui payera ?

 

Ce projet, puisqu’il sera définitivement lancé après ce vote, a aussi de mon point de vue l’avantage de nous obliger collectivement à des dépenses vertueuses pour la réussite de ce projet.

Et d’être donc forcément plus rigoureux sur des dépenses moins nécessaires.

Chacune de nos collectivités en lançant ce projet comme prioritaire s’engage indirectement aux conditions de son plein succès et donc à une rigueur financière indispensable. Si vous cherchez 40 M€, je vous propose de renoncer immédiatement à la construction du lycée de Beaupréau qui va entraîner la fermeture de celui de Chemillé. La région retrouvera alors pour sa part l’une de ses vocations initiales.

Enfin je veux conclure sur l’intérêt interrégional de ce projet.

J’évoquais tout à l’heure Pierre Méhaignerie.

Mais je me souviens aussi de l’investissement de François Fillon, alors Président de Région, pour convaincre Josselin de Rohan du caractère interrégional du projet.

La réalisation de ce projet va aussi être le déclencheur d’un rapprochement tant attendu en termes de transport en commun entre Nantes et Rennes.

C’est sans doute fou, je vous le concède, de penser qu’il fallait un aéroport pour rapprocher Nantes et Rennes. Mais la réalité est bien là. Ces liaisons rapides en train seront riches en échanges entre nos deux capitales régionales et source, à n’en pas douter, d’autres petits et grands projets.

 

Oui, cet aéroport va apporter beaucoup à notre Région, aux ligériens.

En terme économique, d’emploi, d’échange professionnel ou touristique.

Entreprendre c’est être audacieux.

Le choix du transfert de l’aéroport Nantes Atlantique sur le site de notre dame des landes est un choix audacieux.

Mais, nous le savons, tout commence seulement après ce vote.

Alors faisons ensemble de ce projet une réussite jour après jour.

Je vous remercie.

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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