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Il est des hommes qui, comme le bon vin, se bonifient avec le temps.
Les années apportent en effet aux excès de la jeunesse, sans que la passion s’en aille, la mesure et la sagesse qui confèrent une autorité naturelle, une écoute, un respect du plus grand nombre quelle que soit son étiquette politique.
A gauche, des hommes comme Pierre Mendes France, Robert Badinter ou Jean-Pierre Chevènement, ont acquis ce respect National.
Force est de constater que Jacques Auxiette ne sera jamais de ceux-là.
D’aucun pensait que sa dernière belle élection lui permettrait d’abandonner son habit de leader partisan pour revêtir celui de l’intérêt général du territoire en rassemblant tous les hommes de bonne volonté. Telle avait été d’ailleurs la promesse bien éphémère du soir de la victoire. Les élus de l’opposition étaient quant à eux disposés à entamer ce mandat de façon ouverte et constructive, comme ils en avaient fait la démonstration à l’occasion du plan de relance régionale. Se rappelant d’ailleurs ainsi que François Fillon et Jean-Marc Ayrault en d’autres temps avaient su, dans l’intérêt général, distinguer le temps des élections de celui du travail en commun au profit du développement du territoire et ce, dans la pure tradition régionale, peut être même dans la spécificité d’un territoire de tolérance où l’on arrivait toujours à se parler et donc à construire, peut être plus qu’ailleurs.
En engageant son mandat sous des auspices guerriers vis-à-vis de l’Etat, Jacques Auxiette se trompe s’il croit servir son territoire et ses habitants. La politique ne se résume pas à des effets de manches devant des militants échauffés, à de petites phrases soufflées par des conseillers zélés soucieux de plaire à leur maître, à des menaces de représailles contre l’Etat, à des coups politiques relayés par des campagnes de communication qui vous donnent l’illusion d’exister. Ceci n’est que de la petite politique parce qu‘elle sert l’homme politique avant de servir ses administrés.
La vérité c’est qu’en choisissant cette voie Jacques Auxiette pénalise son territoire.
En rendant détestable ses relations avec l’Etat et ses représentants, alors que tant de projets sont à monter en commun, il les restreint ou les étouffe - car qui peut sérieusement imaginer que dans un tel climat chacun se dépasse pour parvenir au meilleur résultat.
Et que dire de cette dernière initiative qui consiste à afficher sur l’Hôtel de Région un panneau lumineux censé montrer le manque à gagner de la Région, scellant définitivement la rupture avec l’Etat. Sans parler de l’achat d’une page dans le quotidien Libération pour relayer cette misérable action parce que le groupe Ouest France a eu l’honneur de refuser d’être l’otage de ce nouveau coup politique. Libération, qui n‘a, chacun le sait, que très peu audience dans les Pays de la Loire, s’est empressé d’encaisser notre chèque - qui pourrait leur reprocher au regard de leur situation financière. On parle d’une campagne de communication d’un coût de 50 000 euros, bagatelle! On a tellement d’argent! Ces 50 000 euros sonnent comme le mépris du président de la Région envers tous ceux qui sont en souffrance et qui attendent bien autre chose de la dépense publique.
Ce n’est pas parce que l’on a moins d’argent qu’on doit jeter celui qui reste par la fenêtre !
Où nous conduira un tel comportement? Quel est le prochain coup qu’il nous prépare?
Un appel à la révolte ? Une marche vers la Préfecture pour exiger la tête du représentant de l’Etat ? L’indépendance des Pays de la Loire?
Mais pour qui se prend Jacques Auxiette à attaquer de la sorte l’Etat, à blesser par ses outrages la République une et indivisible. Le girondinisme de la pire espèce serait-il de retour ? Mais pour qui prend –t-il les ligériens à vouloir nier que l’Europe et pas seulement la France traverse une crise sans précédent et que ses dirigeants pourraient continuer à dépenser sans compter, sans arbitrage. Tous les leaders européens, y compris socialistes, ont compris cette réalité et parlent aujourd’hui un langage de vérité. Il est temps que les Républicains socialistes fassent revenir à la raison Jacques Auxiette car en tant de crise plus qu’à tout autre moment les forces des territoires doivent s’additionner et non se combattre. Les louables efforts du président humaniste du Conseil Economique et Social Régional n’y suffiront bientôt plus.
En infligeant à Jacques Auxiette une sévère défaite dans sa tentative de s’emparer de l’Association des Régions de France, les présidents de Région socialistes, dans leur grande majorité, n’ont-ils pas commencé à le lui faire comprendre?
Mais cela n’a manifestement pas suffit!
Il se grandira celui qui, ici en Région, au parti socialiste, osera se démarquer d’une démarche suicidaire pour notre territoire…et dire : « Oui, Jacques Auxiette va trop loin ! »