Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 17:29

Monsieur le Président,

 

Nous voici à l’issue du débat sur le budget supplémentaire qui ne fait au fond que de modestes ajustements par rapport à votre budget primitif.

Honnêtement, j’ai trouvé qu’il y avait de votre part beaucoup d’autosatisfaction que vous manquiez de modestie, j’allais dire de pudeur.

Ce fut l’occasion, pour vous, de présenter à nouveau vos différentes politiques, mais surtout d’opérer des attaques systématiques contre l’Etat.

Je crois qu’il n’y a pas eu un seul rapport épargné par ces critique, le plus souvent caricaturales et grossières, effets de manche ou de tribune, niant le contexte international, niant la crise et omettant de comparer la France aux autres pays européens et en particulier à ceux dont vous louez le modèle comme l’Espagne socialiste de Monsieur Zapatero.

Si vous l’aviez fait, vous seriez peut être moins critique sur la politique mise en place par le Président de la République et son Gouvernement qui, nous le croyons, a permis à notre Pays de ne pas se retrouver dans une situation similaire. Il n’est pas inutile de rappeler que cela pouvait parfaitement arriver si des choix responsables, des choix difficiles parfois, n’avaient pas été faits.

Vous êtes rentré, une nouvelle fois, dans vos contradictions en comparant la dette de l’Etat à celle de la Région tout en demandant dans le même temps toujours plus d’Etat pour notre Région, pour les trains, pour l’apprentissage, pour l’éducation, pour l’international, pour la culture….

Le gel des contributions de l’Etat dans ce contexte de crise est normal et responsable. Et il est normal que cela nous oblige à faire des choix. Plutôt que de dire, Monsieur Vaugrenard, que si cela continue nous dégraderons notre capacité de désendettement, je veux vous dire que cela n’est pas une fatalité. Et comme vous avez reconnu en avoir déjà fait, il faudra forcément encore faire des choix. Et je vous le dis Monsieur Vaugrenard, et vous êtes trop honnêtes pour pouvoir sérieusement affirmer le contraire : il le faudra, quelque soit la couleur politique du prochain Président de la République l’année prochaine.

Par ailleurs, je regrette d’autant plus vos attaques systématiques que vous avez pu constater que nous avons présenté tout au long de cette session l’image d’une opposition constructive.

Cette position pouvait nous faire espérer une attitude plus respectueuse de votre part vis-à-vis de votre opposition, ce qui n’a pas été le cas.

Je le regrette car le manque de modestie et l’autosatisfaction ne sont sûrement pas bonnes conseillères. Vous pourriez vous ouvrir à l’idée que, de temps en temps, l’opposition régionale pourrait avoir une bonne idée. Pardon le début d’une réflexion pertinente. Pardon, l’amorce du début du commencement d’une réflexion. Et que, peut-être, il est imaginable de penser que vous pourriez amender ou revoir certains aspects de vos politiques.

Cela a été particulièrement frappant à l’occasion de deux rapports :

-          celui de la recherche ou l’excellente intervention de Sophie Jozan a été balayée d’un revers de suffisance par Monsieur Clergeau qui sait toujours tout sur tout et qui n’a même pas l’ouverture d’esprit de se dire que, peut être, il y avait dans ces propos des remarques constructives ;

-          idem sur le débat concernant l’apprentissage ou Géraldine Delorme a eu raison de dire qu’il faut que cesse maintenant cette prise d’otage des apprentis par la Région. Quelle image donnons nous à être la seule région de France à avoir bloqué les négociations avec l’Etat alors que celui-ci augmente de 22% son financement ?

Monsieur le Préfet a eu raison de rappeler qu’il devait y avoir dans ce domaine comme dans tous les autres un peu de répartition territoriale au nom du principe de l’Egalité. Un apprenti du Pas-de-Calais ne vaut pas moins qu’un apprenti des Pays de la Loire. La décentralisation est nécessaire mais elle a ses limites lorsqu’elle touche à nos principes républicains.

Et je dois dire, Monsieur le président que vos insinuations sur l’existence supposée de certaines connivences étaient assez scandaleuses. Attention Monsieur le président à ne pas franchir la ligne rouge surtout si vous êtes attaché à la sérénité des débats.

Cette sérénité des débats nous l’avons appréciée quand elle a pu exister. Mais pas au point de nous faire changer d’avis par rapport au budget primitif. Nous voterons donc contre votre budget supplémentaire.

Je vous remercie.

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional
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